Quel bambou choisir selon vos besoins au jardin ?
Le choix d’un bambou ne doit pas reposer uniquement sur son apparence. Sa hauteur adulte, la progression de ses rhizomes, son exposition et l’espace dont il dispose déterminent son utilisation au jardin.
Créer rapidement une haie haute et occultante
Pour former une haie de bambous dépassant 3 mètres, privilégiez une variété au port droit et au feuillage persistant. Les Fargesia robusta ‘Campbell’, Fargesia ‘Obelisk’ et Fargesia robusta ‘Wolong’ permettent d’obtenir un écran dense sans rhizomes traçants.
Les Phyllostachys bissetii, Fastuosa et Vivax poussent plus rapidement et peuvent atteindre une hauteur supérieure. Leur vigueur impose toutefois l’installation d’une barrière anti-rhizomes.
Installer un brise-vue compact dans un petit jardin
Dans un espace réduit, choisissez un bambou non-traçant dont le port reste relativement vertical. Le Fargesia robusta ‘Campbell’ convient aux haies étroites, tandis que le Fargesia nitida ‘Winter Joy’ forme un écran plus bas et léger.
Le Fargesia rufa est également adapté aux petits jardins, à condition de prévoir suffisamment de largeur pour son port légèrement retombant. Ces variétés peuvent être taillées afin de conserver la hauteur souhaitée.
Donner du volume et de la hauteur à un massif
Planté en isolé ou en fond de massif, le bambou structure le jardin tout au long de l’année. Les Fargesia aux cannes colorées, comme ‘Deep Purple’ ou Scabrida, créent un point focal sans envahir les plantes voisines.
Les bambous bas et panachés peuvent être placés au premier plan. Leur feuillage lumineux accompagne facilement des fougères, des hostas, des heuchères ou des graminées.
Cultiver un bambou en pot sur une terrasse
Les Fargesia compacts et les bambous nains se cultivent facilement dans un grand bac. Le Fargesia rufa, le Fargesia ‘Winter Joy’ et certaines variétés panachées permettent de former un brise-vue en pot sur une terrasse ou un balcon.
Choisissez un contenant large, profond et percé au fond. Le volume limité de terre sèche plus rapidement qu’en pleine terre : une surveillance régulière de l’arrosage est donc indispensable, y compris en hiver lorsque le feuillage continue de perdre de l’eau.
Bambou traçant ou non-traçant : quelle variété choisir ?
La différence se trouve sous la terre. Les bambous traçants développent de longs rhizomes horizontaux, tandis que les bambous non-traçants forment une touffe qui s’élargit progressivement autour du pied.
Les Fargesia, des bambous non-traçants faciles à maîtriser
Les Fargesia représentent les bambous non-traçants les plus couramment plantés dans les jardins français. Leurs rhizomes courts restent regroupés autour de la souche, ce qui permet de les installer sans barrière anti-rhizomes.
Selon la variété, ils atteignent environ 2 à 5 mètres. Leur développement maîtrisé convient aux haies, aux massifs, aux petits jardins et à la culture en pot. Ils apprécient généralement les sols frais et les situations protégées du soleil brûlant.
Les Phyllostachys, des bambous traçants à la croissance rapide
Les Phyllostachys sont appréciés pour leur croissance vigoureuse, leurs cannes épaisses et leur capacité à former rapidement un écran végétal. Cette famille rassemble des bambous de taille moyenne, mais aussi des géants capables de dépasser 10 mètres.
Leurs rhizomes peuvent produire de nouvelles pousses loin de la plantation. Une barrière anti-rhizomes correctement posée ou une tranchée de contrôle est donc nécessaire pour contenir leur progression.
Pleioblastus et Pseudosasa, des bambous bas ou moyens pour les massifs
Les Pleioblastus regroupent principalement des bambous bas à moyens. Leur feuillage, parfois panaché, convient aux bordures, aux talus et à la végétalisation des petits espaces. Certaines variétés restent néanmoins traçantes et doivent être surveillées.
Les Pseudosasa, comme le bambou Metake ou ‘Tsutsumiana’, forment des touffes denses pouvant servir de haies moyennes. Leur développement est souvent moins rapide que celui des grands Phyllostachys, mais leurs rhizomes peuvent également s’étendre progressivement.
Du bambou nain au bambou géant : quelle hauteur choisir ?
La hauteur annoncée correspond à un bambou arrivé à maturité et cultivé dans de bonnes conditions. La qualité du sol, l’exposition, l’eau disponible et le climat peuvent fortement influencer ses dimensions.
Bambous nains : couvrir le sol et végétaliser les petits espaces
Les bambous nains mesurent généralement moins de 1,50 mètre. Ils sont utilisés comme couvre-sol, en bordure de massif, sur un talus ou dans un bac.
Les Pleioblastus, souvent commercialisés sous l’appellation Bambusa nana, offrent des feuillages verts, dorés ou panachés. Leur petite hauteur ne signifie pas nécessairement qu’ils sont non-traçants : leur progression doit être maîtrisée pour éviter qu’ils ne gagnent les plantations voisines.
Bambous moyens : former une haie entre 2 et 5 mètres
Les bambous moyens sont les plus polyvalents. Ils permettent de masquer une clôture, de créer une séparation entre deux espaces ou de protéger une terrasse des regards.
Le Fargesia rufa et le Fargesia ‘Winter Joy’ restent généralement autour de 2 à 3 mètres. Les Fargesia robusta ‘Campbell’, ‘Wolong’, Scabrida, Angustissima ou ‘Obelisk’ peuvent former des écrans plus élevés selon les conditions de culture.
Bambous géants : masquer un vis-à-vis en hauteur
Les bambous géants peuvent atteindre entre 8 et 15 mètres dans les jardins français. Les Phyllostachys vivax ‘Huangwenzhu’ et ‘Aureocaulis’ sont particulièrement appréciés pour leurs chaumes épais et leur croissance spectaculaire.
Ces variétés conviennent aux grands terrains, aux haies monumentales et aux plantations isolées. Elles demandent suffisamment d’espace, un sol profond et un contrôle rigoureux de leurs rhizomes.
Des bambous décoratifs par leurs cannes et leur feuillage
Tous les bambous ne sont pas simplement verts. La couleur des chaumes, les rayures et les panachures permettent de transformer une haie fonctionnelle en véritable élément décoratif.
Bambou noir Nigra : des cannes sombres pour un jardin contemporain
Le Phyllostachys nigra, ou bambou noir, produit de jeunes cannes vertes qui s’assombrissent progressivement. Elles prennent avec le temps une teinte brune puis noire, plus intense lorsqu’elles sont exposées à la lumière.
Ce bambou traçant peut être utilisé en haie, en bosquet ou en sujet isolé. Éclaircir légèrement la base de la touffe permet de mieux mettre en valeur la couleur de ses chaumes.
Vivax et Aureosulcata : des chaumes jaunes, verts ou striés
Les Phyllostachys vivax ‘Huangwenzhu’ et ‘Aureocaulis’ se distinguent par leurs chaumes massifs. La première variété présente des cannes vertes marquées de jaune, tandis que la seconde développe des chaumes jaunes parcourus de stries vertes.
Les Phyllostachys aureosulcata produisent également des cannes colorées ou striées selon la variété. Ils constituent de bons choix pour créer une haie haute ou un bosquet lumineux.
Fargesia Deep Purple et Scabrida : des cannes rouges à pourpres
Le Fargesia ‘Deep Purple’ développe des cannes qui se colorent progressivement de rouge sombre ou de pourpre. Son port compact convient aux petits jardins, aux massifs et aux grands contenants.
Le Fargesia scabrida présente des chaumes dont les nuances évoluent du bleu au vert, avec des gaines orangées ou violacées. Planté en isolé, il apporte de la couleur sans nécessiter de barrière anti-rhizomes.
Bambous panachés : un feuillage lumineux toute l’année
Les bambous panachés possèdent des feuilles rayées de blanc, de crème ou de jaune. Ils éclairent les zones légèrement ombragées et créent un contraste intéressant avec les plantes au feuillage vert foncé.
Les variétés naines conviennent aux bordures et aux petits massifs, tandis que le Metake panaché forme une touffe plus haute. Évitez les expositions brûlantes, qui risquent de dessécher ou de marquer les parties claires du feuillage.
Où et quand planter un bambou ?
Le bambou peut être planté presque toute l’année lorsqu’il est vendu en pot. Le printemps et le début de l’automne restent toutefois les périodes les plus favorables, car le sol est suffisamment doux et humide pour faciliter l’enracinement.
Soleil ou ombre : choisir l’exposition selon la variété
Les Phyllostachys apprécient généralement le soleil ou la mi-ombre, avec un sol qui conserve une certaine fraîcheur. Une exposition lumineuse favorise également la coloration des chaumes.
Les Fargesia préfèrent souvent la mi-ombre, en particulier les variétés issues de Fargesia nitida ou murielae. Les Fargesia robusta supportent mieux le soleil, à condition de ne pas manquer d’eau. Dans le Sud, une protection contre le soleil brûlant de l’après-midi reste préférable.
Préparer un sol frais, fertile et bien drainé
Le bambou se développe dans une terre meuble, fertile et capable de conserver l’humidité sans rester détrempée. Ameublissez le sol sur une surface plus large que la motte et incorporez du compost bien décomposé.
Faites tremper la motte avant la plantation, puis positionnez-la au niveau du sol. Rebouchez, tassez légèrement et arrosez abondamment afin de supprimer les poches d’air autour des racines.
Quelle distance respecter entre les bambous ?
Pour former rapidement une haie de Fargesia, prévoyez généralement un plant tous les 80 cm à 1 m. Un espacement plus important ralentira la fermeture de la haie, mais laissera davantage de place à chaque touffe.
Les bambous traçants et les variétés géantes peuvent être espacés de 1,50 à 2 mètres. Leurs rhizomes occuperont progressivement l’espace disponible. Respectez également un recul suffisant par rapport aux murs, aux terrasses et aux limites de propriété.
Plantation en pleine terre ou en pot : les précautions essentielles
En pleine terre, prévoyez dès le départ l’espace nécessaire au développement de la variété. Une barrière anti-rhizomes est indispensable pour les Phyllostachys et recommandée pour les bambous dont le caractère traçant reste incertain.
En pot, choisissez un contenant solide et suffisamment grand. Installez une couche drainante si nécessaire et vérifiez que l’eau peut s’évacuer librement. Une division de la touffe ou un rempotage sera nécessaire lorsque les rhizomes auront occupé tout le volume disponible.
Comment contenir les rhizomes d’un bambou traçant ?
Un bambou traçant peut être planté sans risque d’envahissement si sa zone de développement est correctement préparée et contrôlée. L’installation d’une protection doit être réalisée dès la plantation.
Installer correctement une barrière anti-rhizomes
La barrière anti-rhizomes doit entourer entièrement la zone réservée au bambou. Enterrez-la généralement sur 60 à 70 cm de profondeur et laissez-la dépasser de 5 à 10 cm au-dessus du sol.
Inclinez-la légèrement vers l’extérieur afin de guider les rhizomes vers la surface. Les deux extrémités doivent être réunies avec une jonction solide : un simple chevauchement peut laisser passer les rhizomes.
Contrôler les nouvelles pousses autour de la plantation
Inspectez le pourtour de la plantation au printemps et à l’automne. Si une pousse apparaît en dehors de la zone prévue, ne vous contentez pas de couper la canne. Suivez le rhizome sous terre, sectionnez-le puis retirez la partie qui s’est échappée.
Une intervention précoce reste simple. Un rhizome laissé en place peut développer de nouvelles cannes et former progressivement un second réseau souterrain.
Peut-on planter un bambou traçant près d’une clôture ?
La plantation près d’une clôture est possible, mais elle demande suffisamment de recul pour inspecter les limites du massif. Évitez d’installer un bambou traçant directement contre une propriété voisine ou dans une bande de terre inaccessible.
Lorsque l’espace est réduit, choisissez plutôt un Fargesia non-traçant. Son développement en touffe est plus facile à anticiper et limite les risques de propagation au-delà de la clôture.
Comment entretenir vos bambous toute l’année ?
Le bambou demande peu de soins une fois correctement installé. Durant les deux premières années, surveillez particulièrement l’arrosage afin de favoriser son enracinement. Un paillage organique conserve la fraîcheur du sol et protège les rhizomes superficiels.
Au printemps, un apport de compost ou d’engrais riche en azote accompagne la sortie des nouvelles cannes. Retirez les chaumes secs ou abîmés en les coupant à leur base, puis éclaircissez les touffes devenues trop serrées.
Une haie peut être taillée une ou deux fois par an pour contrôler sa hauteur et sa largeur. Une canne coupée ne repoussera pas par son sommet : choisissez donc soigneusement la hauteur avant d’intervenir.
Quel bambou planter selon le climat de votre région ?
La rusticité varie fortement selon les espèces. Le froid n’est pas le seul facteur à considérer : le vent, la sécheresse, les embruns et la durée du gel influencent également le comportement du bambou.
Bretagne et façade atlantique : protéger le feuillage des embruns
Les températures douces et les pluies régulières du climat océanique sont favorables aux bambous. Les Fargesia et les Phyllostachys peuvent y produire une végétation dense lorsque le sol est profond et drainé.
Sur le littoral, protégez leur feuillage des vents chargés de sel. Une haie ajourée ou une première rangée d’arbustes résistants aux embruns peut limiter le dessèchement des feuilles.
Nord et Est de la France : privilégier les variétés très rustiques
Dans les régions soumises à des hivers froids, choisissez des variétés comme le Fargesia robusta ‘Campbell’, le Fargesia rufa, le Fargesia nitida ‘Winter Joy’ ou le Phyllostachys bissetii.
Plantez-les à l’abri des vents froids et paillez généreusement leur pied pendant les premières années. Lors d’un épisode de gel intense, le feuillage peut être endommagé sans que la souche soit détruite.
Sud méditerranéen : choisir un bambou résistant à la chaleur
Les Phyllostachys supportent généralement mieux la chaleur que les Fargesia, mais leur croissance dépend de l’eau disponible. Installez-les dans un sol profond, protégez-les du mistral ou de la tramontane et maintenez un paillage épais.
Les Fargesia peuvent être cultivés à la mi-ombre, loin des murs qui accumulent la chaleur. Dans les secteurs soumis à des restrictions d’eau fréquentes, évitez les grandes haies dont les besoins estivaux seraient difficiles à satisfaire.
Régions montagneuses : tenir compte du gel, du vent et de la neige
En montagne, privilégiez les Fargesia les plus rustiques et les bambous de hauteur moyenne. Leur port compact résiste généralement mieux au vent et au poids de la neige que les cannes des bambous géants.
Dans les vallées abritées, certains Phyllostachys peuvent également être cultivés. Évitez néanmoins les emplacements exposés aux rafales et retirez délicatement la neige lourde lorsqu’elle fait ployer les cannes.